La plupart des cadres de suivi, évaluation, redevabilité et apprentissage (SERA) sont construits de la même manière : un cadre de résultats rédigé au siège, des indicateurs choisis pour le reporting aux bailleurs, puis un plan de collecte de données transmis aux équipes de terrain pour exécution. Dans des contextes stables, cette séquence fonctionne raisonnablement bien. Dans des environnements fragiles ou affectés par un conflit, c’est l’une des raisons les plus fréquentes pour lesquelles les systèmes SERA échouent silencieusement — produisant des données auxquelles personne ne fait confiance et un apprentissage que personne n’utilise.

L’écart entre la conception et la mise en œuvre

Un cadre conçu sans contribution du terrain suppose généralement un niveau d’accès, de sécurité et de continuité administrative que les contextes fragiles offrent rarement. Des indicateurs nécessitant des enquêtes mensuelles auprès des ménages dans une zone à accès intermittent deviennent, en pratique, des indicateurs sur lesquels personne ne peut rapporter de manière fiable. Le résultat n’est pas de mauvaises données — ce sont des données manquantes, comblées par des estimations qui semblent précises mais ne le sont pas.

Le second point de rupture est le calendrier. Les cadres sont souvent finalisés avant que le modèle opérationnel du programme ne soit arrêté, ce qui fait que le SERA finit par mesurer une version idéalisée du programme plutôt que celle réellement mise en œuvre.

Trois corrections qui tiennent sur le terrain

À quoi ressemble un bon SERA en pratique

Un système SERA qui survit au contact d’un contexte fragile est délibérément plus réduit que celui rédigé sur le papier, construit conjointement avec les équipes qui le mettront en œuvre, et révisé à mesure que les conditions d’accès et de sécurité évoluent — et non figé une fois qu’un bailleur l’a validé. L’objectif du suivi et de l’évaluation n’est pas le cadre lui-même ; ce sont les décisions qu’il permet à un programme de prendre à temps pour compter.